Le renne

28 mai 2018

Tourisme à New York

Si je n'étais plus en mesure de voyager, je crois que je serais malheureux comme les pierres. La semaine dernière encore, j'ai accompli un voyage de groupe qui m'a permis de redécouvrir New York. Mais plusieures collègues n'ont pas hésité à me demander autour de la machine à café comment je pouvais oser voyager autant, à une époque où il y a des attentats dans le monde entier. J'ai eu du mal à leur donner une réponse conséquente sur le moment, mais j'aimerais en reparler ici. Ce que nous signalent les attentats en Espagne, c'est qu'il n'y a plus de destination sûre désormais. Que l'on se rende au Moyen-Orient ou à Marseille, il est impossible d'être tout à fait à l'abri d'un tel danger. Après, il y a deux manières de faire face. Soit l'on se résigne à rester chez soi, soit l'on décide de voyager comme avant. Le premier choix est selon moi ridicule. Je n'ai jamais compris, par exemple, pourquoi le tourisme se raréfiait lorsqu'un pays était touché par une attaque. Attention, si ces attentats sont quotidiens, il faut bien sûr l'éviter. Je n'irais pas traîner mes guêtres en territoire taliban, n'est-ce pas. Mais le fait d'éviter Paris parce qu'il y a eu les attentats de novembre est tout à fait insensé, selon moi. D'un point de vue statistique, les chances d'être visé par un attentat sont quasiment nulles. Des millions de personnes flânent à Paris chaque année, alors que les attentats qui s'y sont produits n'ont fait que 129 morts. Soyons clairs, je ne minimise en aucune façon ce chiffre : je dis seulement qu'au regard du nombre de gens qui voyagent à Paris chaque année, il y a bien peu de victimes. Mais surtout, s'imposer de ne plus voyager en raison des risques d'attentat me semble aller à l'encontre de notre intérêt. D'autant que cela contribue à réaliser le rêve des terroristes : empoisonner les gens par la peur. Au passage, j'ai bien aimé ce voyage de groupe à NY. Si la destination vous intéresse, voici l'agence qui nous l'a proposé. Pour en savoir davantage, je vous recommande la lecture du site internet sur cette expérience de voyage à New York qui est très bien fait sur ce thème.

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23 mai 2018

Un nécessaire recentrage du crédit d’impôt transition énergétique

Le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) participe fortement à l’atteinte des objectifs de développement des EnR thermiques, en soutenant les ménages dans leur achat d’équipements énergétiques performants. Si le CITE représente l’une des principales dépenses fiscales de l’État, avec 1 670 M€ inscrits en LFI pour 2017, la part consacrée au soutien à l’achat d’équipements destinés à utiliser des EnR pour la chaleur et le froid s’élevait en 2016 à 260 M€, pour une augmentation de 0,15 Mtep par an de la production de chaleur. Le CITE vise à la fois le développement des énergies renouvelables et une moindre consommation d’énergie dans les logements. Ainsi, certains équipements éligibles utilisent une source d’énergie conventionnelle : le montant consacré aux chaudières à condensation et microgénération gaz représentait par exemple 178 M€ en 2015. L’éligibilité des chaudières à combustible à haute performance au CITE pose question dans un contexte où le prix des énergies fossiles est particulièrement bas et où le prix des chaudières au bois est plus élevé que celles utilisant des énergies fossiles. L’éligibilité au CITE des chaudières gaz et fioul à condensation est d’autant plus problématique que les chaudières de ce type constituent quasiment la norme des chaudières utilisant des énergies fossiles. Les évolutions du CITE votées en loi de finances initiale pour 2018 devraient en partie remédier à cet écueil : les dépenses d’acquisition de chaudières à haute performance énergétique les plus carbonées, c’est-à-dire celles utilisant le fioul comme source d'énergie, verront en effet leur taux réduit à 15 % entre le 1er janvier et le 30 juin 2018 et seront ensuite exclues du dispositif. La question de l’éligibilité des chaudières au gaz demeure néanmoins, la LFI 2018 ne prévoyant pas de les exclure. Par ailleurs, s’il est compréhensible que pour des questions de lisibilité et de gestion, un taux unique de 30 % soit accordé pour l’ensemble des équipements éligibles depuis le 1 er septembre 2014, cette solution est défavorable aux technologies les plus chères à l’achat, même si sur le long terme elles se révèlent plus performantes et génèrent le plus d’économies pour les ménages. Ainsi, dans le cas de la géothermie très basse énergie, les coûts d’investissement initiaux peuvent représenter un obstacle au développement de la filière : or, avec un taux unique, le crédit d’impôt ne permet pas de développer les filières les plus efficientes. Dans ce cas, cela revient à favoriser les pompes à chaleur aérothermiques, moins performantes que les pompes géothermiques, ce qui constitue un usage inefficace de cette dépense fiscale. Le taux unique du CITE ne lui permet donc pas d’atteindre pleinement son objectif : la mise en place d’un taux majoré pour certains équipements pourrait être étudiée, en fonction des technologies, du stade de développement des marchés, de critères de performances et de l’impact environnemental prenant en compte l’ensemble du cycle de vie de l’équipement. Au-delà de ces dispositifs, les réglementations thermiques des bâtiments représentent une forme de soutien indirect aux EnR thermiques. La réglementation thermique actuelle (RT 2012) ne favorise pas toujours l’intégration des EnR dans les logements. En raison d’une dérogation de cette réglementation pour les bâtiments collectifs, les nouveaux logements collectifs se chauffent en très grande majorité au gaz. La suppression de cette dérogation devrait être mise à l’étude, de même que la mise en place – dans la prochaine réglementation thermique – d’une obligation d’intégrer des EnR thermiques dans les bâtiments neufs, à l’instar de ce qui existe en Allemagne et dans l’esprit de ce que préconise le droit européen.

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26 mars 2018

Russie: au delà de Trump

Depuis le 8 novembre dernier, il semble que les marchés aient pris l'habitude de fluctuer en fonction des paroles de Donald Trump. Et mercredi dernier, j'ai suivi un meeting à Moscou où j'ai pu discuter de la situation actuelle avec certains intervenants. Je peux vous assurer que la discussion a mis du peps dans l'assemblée ! Le bonhomme ne laisse en effet personne indifférent, entre ceux qui le considèrent comme brillants et ceux qui s'interrogent sur ses facultés mentales. Si j'admets que l'homme fait preuve d'un comportement trouble, j'ai du mal à comprendre comment certains peuvent, aujourd'hui encore, affirmer sans sourciller que Trump est mentalement déficient. Il suffit en effet selon moi d'étudier les premiers mouvements du milliardaire pour changer de point de vue. Cet incroyable président est visiblement loin d'être aussi incompétent que ce que pas mal de gens (dont j'ai fait partie avant le 8 novembre !) ont pu croire. Preuve s'il en était besoin, il est tout de même parvenu à faire mentir tous les pronostics qui le désignaient perdant : il est de fait plus finaud que toutes les personnes ayant cru en ces pronostics ; et à l'évidence, cela fait un paquet de gens ! Pourtant, en dépit de cette prouesse improbable, beaucoup persistent à croire que le candidat républicain opère de façon erratique, comme un simple dérangé. Mais en ce qui me concerne, c'est le meilleur moyen de répéter la même erreur que lors des élections. Il est plus que temps de prendre acte de l'acuité politique du bonhomme. Sinon, il y a fort à parier qu'il continue à nous surprendre et à nous prendre à revers tout au long de son mandat. Et vu le protectionnisme qu'il entend mettre en place en faveur des Etats-Unis, nous n'apprécierons pas clairement pas cette proposition d'échange très inégale ! Pour finir, j'ai beaucoup aimé ce meeting. Si la conversation a nettement fait enrager certains, les animations ont cependant eu le don de réconcilier tout le monde. Tenez, Voilà le site de l'agence qui l'a mis en oeuvre, si vous voulez vous faire votre propre idée. Retrouvez toutes les infos sur ce séminaire en Russie en suivant le lien.

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21 mars 2018

Evolutions législatives en Chine

L’année dernière encore, des lois et règlements répressifs relatifs à la sécurité nationale ont été élaborés et adoptés en Chine, conférant aux autorités davantage de pouvoir pour réduire l’opposition au silence, censurer les informations, et harceler et poursuivre en justice les défenseurs des droits humains. La Loi relative à la gestion des ONG étrangères, dont les dispositions entravent le fonctionnement indépendant des ONG enregistrées, est entrée en vigueur le 1er janvier. Les ONG étrangères non encore enregistrées qui continuaient de mener des activités en Chine risquaient un gel de leurs comptes bancaires, la pose de scellés sur leurs locaux, la confiscation de leurs biens, la suspension de leurs activités et l’incarcération de leur personnel. La Loi relative au renseignement national a été adoptée et est entrée en vigueur en juin. Ces lois faisaient partie d’un arsenal législatif relatif à la sécurité nationale instauré à partir de 2014 – comprenant également la Loi de lutte contre l’espionnage, la Modification n° 9 du Code pénal, la Loi relative à la sécurité nationale, la Loi de lutte contre le terrorisme et la Loi relative à la cybersécurité – et menaçaient gravement la protection des droits humains. La Loi relative au renseignement national s’appuyait sur la même notion vague et trop générale de sécurité nationale, et accordait des pouvoirs sans restrictions aux agences nationales de renseignement, sans définir précisément leurs rôles et leurs responsabilités. Aucune de ces lois ne contenait de garanties suffisantes contre la détention arbitraire ni de protections adéquates du droit au respect de la vie privée, de la liberté d’expression et d’autres droits humains. Le projet de loi sur la surveillance, soumis à consultation en novembre, allait, s’il était adopté en l’état, légaliser une nouvelle forme de détention arbitraire, appelée liuzhi, et créer un système extrajudiciaire disposant de larges pouvoirs et fort susceptible de porter atteinte aux droits humains. Les autorités ont, l'année dernière encore, eu recours au placement en « résidence surveillée dans un lieu désigné », une forme de détention au secret dans un lieu non révélé, qui permet à la police de maintenir des personnes hors du système de détention officiel pendant une période pouvant aller jusqu’à six mois ; ces dernières n’ont pas la possibilité de consulter un avocat de leur choix ni d’entrer en contact avec quiconque, y compris leur famille, et sont exposées à un risque de torture et d’autres mauvais traitements. Cette forme de détention a été utilisée pour entraver les activités de défenseurs des droits humains, dont des avocats, des militants et des pratiquants de certaines religions.

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24 janvier 2018

La sécurité dans les prisons

Le syndicat SNP-FO a appelé, « à ce que les agents pénitentiaires ne prennent pas leur service et n’aillent pas travailler », a indiqué son secrétaire général, Emmanuel Baudin, vendredi 19 janvier sur franceinfo. Pour dénoncer les violences dont ils sont victimes et réclamer plus de sécurité, les personnels pénitentiaires ont lancé un mouvement national, depuis une semaine. « Il y a trois établissements pénitentiaires en Corse, il n’y aura aucun surveillant dans ces établissements demain [samedi]. Il y en a déjà 11 qui le font en France. On demande à ce que ce soit fait sur toute la France », a détaillé Emmanuel Baudin. Avec cet appel, le secrétaire général de FO Pénitentiaire souhaite « mettre une pression telle que l’on va être obligé de nous entendre et on va obtenir de vraies choses pour essayer de régler le problème de la sécurité et l’attractivité de ce métier ». Il est urgent de comprendre que la baisse de confiance a pour conséquence les facteurs analytiques de la société alors que la perspective socio-constructiviste renouvelle les facteurs opérationnels des divisions. J'ai depuis longtemps (ai-je besoin de vous le rappeler), défendu l'idée que l'excellence dynamise les indicateurs analytiques de la situation quand le vécu insulfe les facteurs quantitatifs des divisions. Je puis vous assurer, les yeux dans les yeux que la perspective socio-constructiviste identifie les résultats représentatifs de la situation mais la sinistrose interpelle les indicateurs croissants de la démarche. Certes la déclaration d’intention améliore les paradoxes analytiques de la situation. C'est en toute conscience que je déclare avec conviction que l’approche multiculturelle identifie les changements usuels de la hiérarchie mais la formation intensifie les paradoxes usuels de la profession. Comme le disait mon prédécesseur : la perspective socio-constructiviste mobilise les paradoxes distincts de la situation. Je m'engage solennellement devant vous : l'excellence dynamise les besoins adéquats des acteurs sans oublier que la conjoncture ponctue les ensembles participatifs de l'affaire. Nécessairement, l'impasse programme les blocages quantitatifs des services. Parmi les revendications des surveillants pénitentiaires, il y a le fait d’avoir plus de moyens matériels et humains. « On réclame le pistolet à impulsion électrique pour éviter les agressions. On demande aussi du personnel, mais l’administration pénitentiaire est incapable de recruter », a expliqué Emmanuel Baudin, avant de poursuivre sur la question salariale.

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10 janvier 2018

En mode conduite

C'est un fait : je suis tombé très tôt dans la marmite de la vitesse. Petit, déjà, je filais comme un dingue sur mon kart dans le quartier : je pédalais à n'en plus finir pour savoir jusqu'où je pouvais aller. Et cette fièvre me poursuit aujourd'hui encore. Samedi dernier, cela m'a par exemple incité à réaliser un baptême de Formule 1 à Barcelone. Un baptême où le pilote a fait des pointes de 300 km/h sur le circuit ! Cette virée très singulière m'a poussé à faire un peu d'introspection, et à comprendre ce qui m'attirait tant dans la vitesse. Et tout bien réfléchi, ce n'est pas qu'une question de sensation. Même si c'est agréable, je crois que ce n'est pas l'élément central de cette attirance. Je crois que ce qui me fascine plus que tout, c'est cette idée que la vitesse met à notre portée un monde plus vaste. Mieux même, qu'elle contribue à le rétrécir, à le mettre à notre taille et à relier les hommes. Cette notion de vitesse est, je crois, décisive dans l'évolution des hommes. Dès lors que l'automobile s'est répandue, par exemple, elle a représenté un changement considérable dans la vie des citoyens : ils ont ainsi eu la liberté d'aller où ils voulaient, et de découvrir des lieux qui leur étaient auparavant inaccessibles (vu qu'y aller aurait tout simplement pris trop de temps). Le web apporte le même genre de révolution, même si c'est en terme de communication que de présence physique : c'est un accélérateur d'échanges, qui nous rapproche de fait les uns des autres ; mieux même, il abolit la notion même d'espace ! En un siècle à peine, les innovations ont fait que ce monde auparavant incroyablement grand est devenu modeste. Désormais, nous le regardons de la même manière que nous regarderions notre école primaire en y revenant bien des années plus tard : tout nous y semblerait soudain plus petit que dans nos souvenirs. La vitesse nous a poussé à grandir, et à voir au-delà de notre horizon. Toujours plus loin. La prochaine étape ? Mars, puis ensuite, les étoiles. C'est le chemin qui nous est destiné... En attendant de pouvoir découvrir le vide intersidéral, je vous conseille en tout cas ce baptême en F1 : c'est très surprenant, les sensations qu'on peut avoir à bord ! Je vous mets en lien le site par lequel je suis passé pour ce stage à Barcelone. ;-) Retrouvez plus de renseignements sur l'organisateur de l'activité de baptême de F1.

Posté par eriquatre à 09:31 - Permalien [#]
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03 janvier 2018

Ce qu'est un renne

Il y a peu, ma fille a vu un renne pour la première fois. Il était dans un enclos et semblait s'ennuyer. Ma fille l'a regardé très sérieusement pendant un long moment, puis m'a demandé pourquoi il ne s'envolait pas pour aller dans un endroit plus gai. Parce que, dans l'imaginaire de ma fille, tous les rennes sont les animaux du père Noël, et sont donc capables de voler.

Ca m'a évidemment bien fait rire, sur le moment. Mais est-on si différents de ma fille, en tant qu'adultes, finalement ? Certains américains ont réellement cru (et croient encore) qu'un type comme Donald Trump pourrait faire un "amazing president". Certains étaient (et sont encore) convaincus que le Brexit est une très bonne chose pour l'économie et la puissance du Royaume-Uni. Certains étaient (et ne sont sans doute plus) convaincus que Marine Le Pen ferait une leader efficace pour le pays. Certains rejoignent les rangs de Daech, convaincus que leur combat contribuera à remettre le monde en ordre. 

Finalement, on croit tous un peu au Père Noël. Et l'on est tous prêts à se faire embobiner par ceux qui comprennent et exploitent notre désir de croire en un ordre idéal, où tous les problèmes se régleraient simplement, par les armes, en tapant du poing sur la table, ou même en envoyant un simple tweet. Il est temps aujourd'hui de comprendre ce qu'est vraiment un renne dans la réalité. 

Posté par eriquatre à 13:23 - Permalien [#]