En plus de leurs politiques d’économie circulaire, ou comme partie intégrante de ces politiques, plusieurs grandes puissances économiques ont mis en œuvre des politiques de stockage substantiel d’un certain nombre de matières jugées stratégiques. C’est le cas à la fois de deux grands pays miniers, la Chine et les Etats-Unis, et de deux pays très dépourvus en ressources souterraines, la Corée du Sud et le Japon. Les politiques de stockage sont mises en œuvre dans ces pays principalement par la puissance publique, opérant au travers d’administrations ou d’entreprises publiques. Ainsi, en Chine, c’est le Chinese State Reserve Bureau qui est responsable des stocks stratégiques, à l’intérieur de la National Development and Reform Commission. La direction par Pékin ne semble cependant pas exclure la participation des gouvernements régionaux. La politique japonaise est définie par le ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie (METI) et mise en œuvre par la Japan Oil, Gas and Metals National Corporation (JOGMEC). On observe en Corée un partage des rôles, selon le type de ressources, entre le Public Procurement Service (PPS) et l’entreprise minière publique, Korea Resources Corporation (KORES). Enfin aux Etats-Unis, c’est une administration nommée aujourd’hui Defense Logistics Agency Strategic Materials (DLA Strategic Materials) qui, sous des appellations successives, est responsable des stocks stratégiques depuis l’immédiat après-guerre. Le partage des rôles entre administration d’Etat et entreprises publiques n’est pas toujours facile à apprécier. Les stocks stratégiques constitués par KORES se retrouvent dans les comptes publiés par cette entreprise sous l’appellation Minerals held for reserve, et forment l’essentiel de ses stocks. Dans l’analyse que nous avons menée des comptes de Kores sur les dernières années, on trouve la trace de financements d’Etat sous la forme de remboursements partiels des achats de minéraux effectués par l’entreprise publique.